s Généalogie Bachmann Méheut Lauwers Cadic
s

Historique des armoiries du Finistère en 1878


Armoiries Finistère

Bien que dès le XVIe siècle, la plupart des bourgeois de Quimper, possédant quelque fortune, et certaines confréries d'arts et métiers telles que celles des tisserands de Morlaix, eussent des armoiries particulières, ce n'est guère qu'au siècle suivant que les principales villes comprises aujourd'hui dans les limites du département du Finistère, adoptèrent l'usage de graver sur les monuments qu'elles faisaient construire, des emblêmes qui devinrent le caractère distinctif de chaque localité.

Mais longtemps avant cette époque, et au moins depuis le XIVe siècle, les juridictions ducales comprises dans les mêmes circonscriptions départementales, étaient distinguées sur les sceaux des cours par un emblême qui constituait pour chaque juridiction de véritables armoiries. Au XIV, au XVe et même au commencement du XVIe siècle, les sceaux des cours ducales se composaient d'un écusson triangulaire chargé de 10 mouchetures d'hermines 4, 3, 2, et 1, et inscrit dans une rose à 6 lobes entourée d'une légende. C'est au-dessus de cet écusson et dans le lobe supérieur de la rose qu'était placé l'emblême dont je viens de parler, et qui est représenté par un animal, variant quelquefois pour la même juridiction suivant les époques.

Les animaux servant à désigner ces diverses juridictions sont :

  • le lion et la chèvre (Morlaix),
  • le cerf et le mouton (Quimper),
  • le boeuf (Carhaix),
  • le cheval (Saint-Renan),
  • le sanglier (Lesneven),
  • la levrette ? (Quimperlé),
  • le saumon (Châteaulin).

Après la réunion définitive de la Bretagne à la France, tous ces sceaux ducaux ainsi diversifiés disparurent pour faire place à des empreintes uniformes portant soit un parti soit un écartelé de France et de Bretagne. Cependant le sceau de la cour royale de Concarneau conserva dans le champ, de chaque côté de l'écu, une hache d'armes en pal soutenue d'une moucheture d'hermine. Je n'ai pu découvrir de sceau de la juridiction ducale de Concarneau, mais je suis persuadé que la hache d'armes y figurait.

Armoiries de Quimperlé

Par suite de cette circonstance, les anciennes cours ducales perdirent leurs emblêmes distinctifs, ou, pour mieux m'exprimer, les armes qui leur étaient propres. Mais la tradition en fut conservée, et lorsque plus tard, les villes qui formaient le chef-lieu de ces juridictions, s'attribuèrent des armoiries, quelques-unes d'entre ellees se souvinrent de ces emblêmes qu'elles retrouvèrent sur les empreintes des anciens sceaux, et qu'elles adoptèrent pour armes. Cependant comme la plupart de ces empreintes éaient usées ou mal faites, il dut en résulter des erreurs dans la détermination de l'animal qui surmontait l'écu. C'est ainsi que le cerf, qui formait les armes de la juridiction ducale de Quimper, est devenu un mouton, et que la levrette, ou peut-être l'hermine, de la cour de Quimperlé a été transformée en coq. De plus on distingue très nettement sur les bonnes empreintes des sceaux de la juridiction de Châteaulin, un saumon surmonté d'un château, mais le saumon est informe dans les mauvaises empreintes et on n'y voit bien que le château. C'est pour ce motif que le saumon ne figure pas dans les armes de Châteaulin telles qu'elles sont blasonnées dans les armoriaux. Et cependant quelles armes peuvent mieux que cet emblême convenir à la ville de Châteaulin, si célèbre jadis par ses pêcheries de saumons, et dont on appelle encore les habitants Penn-Eok, de même que l'on désigne les Douarnenistes sous le nom de Penn-Sardin, en raison du grand commerce de sardines qu'ils font depuis un temps immémorial !

   



Accueil | Patronymes | Individus | Fiches | Lieux | Documents | Chroniques | Librairie | Liens | Equitation | Galerie d'images | Armoiries | Drapeaux | Lexique
 
© Copyright M. Lauwers 2004 - Tous droits réservés 2007-2008 -