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LES JARDINS PUBLICS ET LES PARCS DE PARIS
![]() La physionomie si diverse de Paris se reflète dans le contraste de ses jardins : contraste d'esthétiques et d'animations, d'atmosphères et d'âmes. ![]() Si le jardin des Tuileries est comme la capitale des enfants, il n'en reste pas moins le jardin de tout le monde. Doyen des jardins de Paris puisqu'il naquit voilà quatre siècles, il marque, a écrit M. Marcel Poëte, la "naissance dans la ville de la promenade publique mondaine, suivant les données italiennes". Bien entendu, les lignes et le caractère ont changé depuis quatre cents ans. De ce souvenir des princes de la Renaissance, Le Nôtre a fait un chef-d'oeuvre accordé aux architectures du grand roi et chaque époque a donné à ce parc central de la vie parisienne un accent de son expression composite. De la place du Carrousel à la place de la Concorde, les curieux du passé peuvent quêter les souvenirs. D'un point de ces Tuileries, Charles et Robert se sont élevés dans le premier aérostat. On entre dans la Révolution par la terrasse des Feuillants et, parmi les salles de verdure, il en est que jadis on nomma : "Jardins de Robespierre". Extravagances muscadines, petite voiture dorée du roi de Rome, conspiration de la "terrasse du bord de l'eau", lorettes 1830 et dandys romantiques, enfant impérial roulant son cerceau, flammes rouges de la Commune, voilà le passé qu'ensevelit le présent. Car les Tuileries se font, chaque matin, leur visage du jour. Il n'est pas de jardin qui soit davantage mêlé à la vie citadine. Des foules le traversent pour aller d'une rive à l'autre, et cependant, non loin de cette foule affairée et du grand passage de voitures du Carrousel, les bambins se poursuivent parmi les marbres ou tournent autour des pièces d'eau tandis que les enfants d'un autre âge apprivoisent le peuple des ailes. ![]()
![]() Le Luxembourg est d'abord le jardin des étudiants. Oh ! sans doute, la jeunesse des écoles n'a point seule l'usage de ce domaine qui développe ses 25 hectares de verdures et ses grandes perspectives dans l'un des plus vivants quartiers de Paris. Les enfants y trouvent leurs allées et un grand bassin pour leurs petits bateaux. Les artistes y goûtent la féerie légère qui inspira Watteau. Les bohèmes y sont chez eux depuis Murger, les poètes depuis Verlaine, et la galerie dispersée des bustes maintient en ces lieux des visages qui, vivants, en connurent le charme. ![]() Jardin des lettres et des arts, de la poésie, de la jeunesse, comment le Luxembourg ne serait-il pas le jardin des amours ? Il a toujours, même quand l'été le brûle ou l'automne le rouille, du printemps dans son atmosphère et comme un magnétisme de tendresse. Si tant de couples s'attardent dans la verte retraite de la fontaine de Médicis, ce n'est sans doute point pour contempler le Polyphème qui, chaque jour, menace d'écraser Acis et Galatée. Quand on est deux, au Luxembourg, on oublie les fatalités amoureuses de la mythologie. Hors des régions mondaines, le parc des Buttes-Chaumont et le parc Montsouris sont le rendez-vous des petites voitures et des mamans de la périphérie. Les "Buttes", qui furent des monts chauves - "Chaumont" - et des carrières, mettent aujourd'hui une richesse d'ombrages dans un paysage de ruines et de rochers. ![]()
Jardins de Paris : fraîcheur et joie, rêve et repos, heureux oubli de ses fièvres par la grande cité qui, dans un peuple d'enfants, retrouve une âme enfantine ! Extrait de l'Illustration 1935 A. Cahuet et J. Simont> |
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