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LE BAROMETRE


Ce que je voudrais vous soumettre
Et vous décrire en quelques vers,
Est simplement un baromètre
Très répandu dans l'univers ;
De notre bonheur domestique
Marquant les divers accidents,
S'il monte ou baisse, il nous indique
Le vent, la pluie ou le beau temps.

Au sommet, suivant l'ordinaire,
Le baromètre dit : très sec,
Rayons, chaleur caniculaire
Amour brûlant, tendre respect.
C'est l'état d'un coeur qui soupire
Après le plus riche ténor ;
Vous aimez, votre coeur désire,
Bercé de milles rêves d'or.

Sana phrase et sans discours prolixe,
Des futurs passons aux époux ;
Les voilà d'abord au beau fixe,
Ah ! Que ce joli temps est doux !
Pour l'éternité je t'adore,
Et toi m'aimeras-tu toujours ?
Ingrat, peux-tu douter encore ?
C'est le beau fixe des amours.

Soudain le baromètre baisse,
De beau fixe il tombe à beau temps ;
Mais nous aimons avec tendresse,
Et nous sommes loin des autans ;
Si notre coeur juge inutile,
Plus d'un vain propos amoureux,
Nous avons un bonheur tranquille,
Ce bonheur là n'en vaut que mieux.

Cependant un léger nuage,
Glisse au-dessus de la maison ;
Qu'importe ? On s'aime davantage
Lorsqu'il s'enfuit à l'horizon ;
S'est-on froissé ? L'on se pardonne,
Bien vite le calme est rendu,
Pardon ami, pardon mignonne !
Le temps variable est venu.

Un jour arrive, à qui la faute ?
On pleure, on gronde bien souvent,
Et l'aiguille du bonheur saute
De variable à pluie ou vent ;
On est maussade dès l'aurore,
Il n'est plus un seul jour serein,
Le baromètre baisse encore,
Hélas ! Où sera-t-il demain ?

A grande pluie ! On n'y peut croire,
C'est pourtant vrai, pauvres époux !
Ils sont loin de votre mémoire,
Ces premiers jours, ces jours si doux ;
L'amour, ce mot divin qui berce,
Par vos deux coeurs n'est plus compris,
La grande pluie, affreuse averse,
En emporte au loin les débris.

Puis, la tempête avec tonnerre,
Ebranle, enfin, le firmament,
Dans les yeux brille la colère,
On se dispute à tout moment ;
Je te hais, moi, je te méprise,
Oui, pour toujours séparons-nous,
Ce sont des meubles que l'on brise,
Ce sont des mots pleins de courroux.

J'ai décrit tout le baromètre
De plus d'un ménage ici bas ;
Je n'ai qu'un dernier mot à mettre,
Mais surtout ne l'oublions pas ;
Souvenons-nous que s'il s'élève
Ou, parfois, s'abaisse entre époux,
Beau temps, ou tempête sans trève,
Cela dépend un peu de nous.

Imprimer la page                                                           A. Joubert (vers 1860)




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